Se nourrir sur le front intérieur pendant la Seconde guerre mondiale

Le Canada était déterminé à changer ses habitudes alimentaires, car il avait apprit qu'une production alimentaire efficace n'était que la moitié du chemin vers la victoire. Il faut de bonnes habitudes de consommation pour donner tout son sens au slogan : «La nourriture va gagner la guerre»’1

La nourriture était au centre des expériences des Canadiens sur le front intérieur durant la Seconde guerre mondiale. Comme le suggère la citation précédente, c'était partiellement du fait que le gouvernement fédéral avait pris une série de mesures dans précédent pour transformer le régime alimentaire des Canadiens. L'omniprésent livret de rationnement devint le symbole le plus frappant de ces efforts – mais le rationnement n'était qu'une des parties d'un ensemble d'interventions étatiques dans les cuisines canadiennes. Celles-ci comprenaient une campagne de propagande pour promouvoir certains produits “patriotiques” associés à une campagne inédite de nutrition et à l'introduction de milliers de contrôles sur les prix, la production et la distribution de la nourriture de tous les jours.

Au cœur de la plupart de ses mesures gouvernementales en temps de guerre étaient la motivation de la nécessité de nourrir les soldats canadiens et alliés outre mer. Il était régulièrement rappelé au Canadiens par les propagandistes et les publicitaires que la nourriture était une “arme de guerre”. Les exportations d'aliments depuis le Canada étaient vitales pour le Royaume-Uni, notamment après la défaite française de 1940. A la fin de la guerre, les exportations canadiennes étaient estimées à 57% du blé et de la farine consommés par les Britanniques -en baisse par rapport au pic de 77% en 1941- ainsi que 39%  du bacon, 15% des œufs, 24%  du fromage et 11% du lait en poudre. Ces résultats ont pu être atteints grâce à des interventions gouvernementales importantes dans les fermes canadiennes. Entre 1940 et 1943, la surface cultivée de blé avait été réduite de 42% dans les Prairies, au moyen de subventions, de prix garantis et d'autres contrôles. Les surfaces cultivées d'autres produits agricoles nécessaires -comme les grains à nourrir- pour répondre aux besoins intérieurs et aux exigences d'exportation, avaient quant à elle augmentées de 72%, la graine de lin de 800%, et la production porcine de 250% par rapport à la période de l'avant guerre.2

Dès le début de la guerre, il a été demandé aux Canadiens de contribuer volontairement aux engagements en matière d'exportation en évitant d'utiliser les aliments qui étaient nécessaires au Royaume Uni et à consommer les produits dont les marchés d'exportations européens avaient disparu, menaçant ainsi de surproductions certains pécheurs ou fermiers. Les pommes et les homards ont été les deux premiers produits à être désignés comme “patriotique” après que leur marché d'exportation se soit effondré. En décembre 1939, par exemple, le Ministère de l'Agriculture a commencé à diffuser des publicités luxueuses avec le message suivant: “Servez quotidiennement des pommes, vous servirez votre pays aussi”. Des magazines comme le Canadian Home Journal reprenaient de tels messages en publiant des articles titrés “Il est patriotique et agréable de manger du homard canadien” et proposaient des recettes comme le cocktail de Homard, le Homard royal ou encore les Sandwichs au Homard.3

Les Canadiens se sont aussi ralliés avec enthousiasme à la cause de la production agricole de guerre.  Des milliers d'écoliers, de jeunes femmes, de femmes adultes ont  passé leurs étés à des travaux agricoles faiblement rémunérés sur les fermes de  l’Ontario ou de la Colombie Britannique comme membres des “Farm Cadet”, des “Farmerettes”,  ou des “Women's Land Brigades”. Créé en réponse aux manques de main d’œuvre agricole, ces composantes du “Farm Labour Service” démontraient une puissante mobilisation patriotique pour nourrir les soldats alliés et canadiens. Un sentiment identique était visible dans les douzaines de campagnes de secours alimentaires qui furent menées pendant la guerre, tel que le programme de colis de la Croix Rouge en direction des prisonniers de guerre, la campagne de la “Confiture pour le Royaume Uni” lancée par la Croix Rouge avec le soutien d'associations de femmes rurales comme les “Federated Women's Institutes” ou les Cercles Fermières, la campagne “Lait pour le Royaume Uni” organisée par les “Kinsmen” et bien d'autres encore en direction de la Russie, de la Grèce, de la France, et d'autres nations alliées.

Les Canadiens étaient aussi enthousiasmés par les programmes de protection des ressources alimentaires au pays, qu'ils soient gouvernementales ou pas. Dès le début de la guerre, le Ministère de l’Agriculture a fait la promotion de la mise en conserve des aliments que ce soit par des démonstrations à domicile que par une variété de publications et de brochure. Tout indique que la réponse des Canadiens a été impressionnante; les études ont montré un taux de conservation des aliments très haut dans tout le pays.4  Les Canadiens eurent le même niveau d’enthousiasme pour les campagnes de recyclage des graisses et des os du Ministère de la guerre. Comme les publicités leur rappelaient régulièrement, les os et les graisses étaient essentiels à la production de munitions. Non seulement les os fournissaient l'essentiel de la matière première pour l'industrie de la colle, mais aussi comme une publicité l'indiquait, “la graisse ce sont des munitions” - une livre de graisse produisait “assez de glycérine pour tirer 150 balles avec un fusil Bren” et deux livres pouvaient “permettre de tirer une rafales de 20 coups d'un Spitfire ou de 10 coups d'obus anti-aériens”.  Les femmes au foyer canadiennes étaient donc encouragées à mettre de côté ces matières première de valeur pour la guerre, afin de faire d'une “cuisine une usine de munitions”.5 Au final, ce sont des millions de livres de graisse et d'os qui furent collectés pendant la guerre. Le Corps de récupération patriotique de Winnipeg a ainsi récolté 690.554 livres d'os et 323.001 livres de graisse au cours des 5 années de la guerre.6 A quelques occasions néanmoins, les Canadiens allèrent à l'encontre des vœux du gouvernement fédéral dans leurs désirs de montrer leur patriotisme.Ainsi, et ce malgré les avertissements visant à dissuader les candidats inexpérimentés à faire des jardins de la Victoire pendant les premières années de la guerre, les Canadiens tiraient une grande fierté des milliers de nouveaux jardins qui apparaissaient devant leur maison ou dans les terrains vacants. Pour ces jardiniers de la Victoire, c'était une importante contribution à l'effort de guerre – ils libéraient la production agricole et les moyens de transport d'un espace qui pouvait être utile au ravitaillement de guerre en faveur des alliés et ils fournissaient un approvisionnement en produits frais et nutritifs. Mais du point de vue du Ministère de l'Agriculture, ces jardiniers inexpérimentés gaspillaient probablement des ressources de valeur rares. Un tract de 1942 de ce ministère allait jusqu'à décourager les “citadins” sans expérience de planter des potagers car “ils créaient une demande pour des équipements comme des outils de jardins, des fertilisantes, des atomiseurs, qui étaient fabriqués avec des matières premières utilisées par l'industrie de guerre et parce que les ressources en graines seraient mieux employées par des jardiniers expérimentés et déjà bien équipés.7 En 1943, les officiels du Ministère ont changé leur position devant les protestations considérables ces jardiniers et durent améliorer l'accès aux graines. A son plus haut niveau en 1944, 209.200 jardins de la Victoire étaient opérationnels à l'échelle fédérale et produisaient 57.000 tonnes de légumes.8

En sus de la conservation des aliments, la nutrition émergeât aussi comme une priorité nationale durant les premières années de la guerre. En 1941, à la suite d'avertissements d'experts en nutrition qui indiquaient que plus de 60% du pays souffrait de déficiences en vitamines et en minéraux – et suite à la diffusion des chiffres montrant un alarmant taux de dispenses de services militaires pour raisons médicales - le gouvernement fédéral prit l'initiative de lancer le premier plan national d'éducation à la nutrition.9 Avec la création de la Division des services à la nutrition en 1941 et au lancement du Programme Canadien de Nutrition l'année suivante, les Canadiens furent inondés de conseils nutritifs pendant la durée de la guerre. Au cœur de cette campagne étaient les Règles alimentaires officielles – les précurseurs de nos Guides Alimentaires canadiens- qui donnaient une liste des 6 produits à consommer pour avoir un régime alimentaire sain: lait, céréales et pains, fruits, légumes, œufs et finalement “viande, poisson, etc..” Comme le slogan de ces Règles alimentaires le rappelaient aux Canadiens, le but était évident: “Mangez bien, Sentez-vous bien : le Canada a besoin que vous soyez fort!”. Ou comme le titrait plus franchement Saturday Night: “Un mauvais régime alimentaire est un allié pour Adolf Hitler.”10

Le facteur le plus important dans le changement de la façon dont les Canadiens achetaient, cuisinaient, et mangeaient a été l'introduction du gel des prix en décembre 1941 suivi de l'introduction de coupons de rationnement pour le sucre en juillet 1942, le thé et la café en août, le beurre en décembre et la viande au mois de mars de l'année suivante. Ces contrôles sur la consommation sont apparus peu après des mois de pénuries périodiques pour certains produits et des pics de prix pour certains autres. Le contrôle des prix et de la consommation devait aider à s'assurer que les Canadiens aient toujours accès à des produits de nécessité comme la nourriture, le fuel ou un toit, et le rationnement promettait aux Canadiens un accès juste aux ressources les plus rares. Les sanctions pour ceux qui ne respectaient pas ces règles allaient de petites amendes à des peines de prisons, mais les contrôles – le rationnement en particulier- ont toujours conservé un soutien populaire important pendant les deux guerres. Dans des enquêtes d'opinion de mars et juillet 1945, plus de 90% des Canadiens s'accordaient sur le fait que le rationnement avait eu un effet positif sur une distribution équitable des produits.11 Comme un des commentateurs de l'après guerre le résumait au sujet de l'attitude des Canadiens: “le rationnement a toujours été l'un des contrôles les plus populaires, ce qui est d'autant plus significatif que c'est celui qui pesait le plus sur la vie quotidienne.”12

En plus de ces contrôles de première importance sur la consommation alimentaire, la Commission des prix et du commerce en temps de guerre – l'agence fédérale responsable de la surveillance et de la régulation de l'économie de guerre- a aussi mis en place des milliers de contrôles additionnelles sur la production et la distribution de la nourriture. Ceux-ci allient de l'interdiction du pain en tranche et des gâteaux avec glaçage dans les boulangeries et l'établissement de mardi “sans viande” dans les restaurants, mais aussi, entre 1945 et 1947, de vendredi “sans viande”. D'autres restrictions comprenaient la réduction de la production de bien non-essentiels comme les bars chocolatés et les boissons sucrés, la limitation du nombre de tailles de conserves pouvant être utilisées de 116 à 9 tailles standard, de même que le retrait des carottes, betteraves, pommes, porcs et haricots et spaghetti de la liste des produits pouvant être vendus en conserves.13 L'un des effets fut que les Canadiens furent confrontés à un nombre grandissant de nouveaux produits alimentaires. L'édulcorant artificiel saccharine devint beaucoup plus courant dans un certain nombre de produits alimentaires manufacturés et les graines de soja ont fait leur entrée dans le régime alimentaire des Canadiens, sous des formes aussi différentes que le remplacement des arachides et du beurre de cacahuètes et comme ingrédients principaux dans les barres “chocolatées”.14

Les Canadiennes, en particulier, recevaient ces changements de façon créative. Les journaux et les magazines étaient remplis de recettes compatibles avec le rationnement par de proéminentes signatures gastronomiques comme Helen Campbell du Chatelaine, Kate Aitken du Montreal Standard, Ann Adam du Globe and Mail et Edith Adams du Vancouver Sun. Ces recettes allaient du “beurre magique” à base de gélatine d'Ann Adams aux recettes de Martha Logan, l'économe de la compagnie Swift Canadian comme les “rouleaux florentins à la langue” ou les “spaghettis à la viande.”15 A la même époque, les journaux et magazines reproduisaient régulièrement des recettes soumises par leurs lectrices. La résidente de Vancouver M.E Coleman, a ainsi envoyé au Vancouver Sun une fascinante recette de “crème battue factice” à base de marshmallow alors que Mme Graham, résidente de Windsor, fournissait au Windsor Daily Star sa variante personnelle du très populaire “Gâteau de guerre canadien”- habituellement sans œuf, sans lait, sans beurre mais avec un peu de sucre brun, d’eau chaude, de lard, de raisins, de farine, de levure, de cannelle et de clous de girofle comme ingrédients de base.16

L'un des principaux débouchés les plus populaires pour ces recettes de guerre était l'un des 200 livres de recettes publiés pendant la guerre.17 Bien que nombre de ces livres aient été publiées par l'industrie agroalimentaire, des économes domestiques célèbres ou par le gouvernement fédéral, par les livres omniprésents communautaires ayant été publiés pendant la guerre par les groupes d'églises, les œuvres caritatives, les organisations communautaires locales. Cela allait du livre de Regina Knox pour l'Eglise Uni Victory Cook Book, de celui du Lion's Club de Barrie Wartime Economy Cook Book, au Cook to Win du club “Good Cheer” de l'Eglise uni de Calgary, qui se décrivait comme un livre de recette de guerre pour vous aider “jusqu'au retour du jour où la “Liberté comme volonté” se réalisera partout dans le monde.” Les recettes se fondaient essentiellement sur la base des rations disponibles et proposaient entre autres contributions celles de célébrités locales et nationales comme la féministe Nellie L. McClung ou un pain de viande de la femme du leader des Conservateurs Progressistes John Bracken.18

En dernière instance, le vocabulaire du sacrifice, de l'austérité, de la parcimonie qui dominait ces débats sur la nourriture en temps de temps était en contradiction avec la réalité du régime alimentaire de nombreux Canadiens : ils mangeaient plus et mieux qu'ils ne l'avaient fait une décennie plus tôt. Ceci était particulièrement vrai pour plus d'un million de Canadiens en uniforme. Bien que la nourriture ne fut pas toujours aussi bonne que de nombreux soldats l'auraient souhaitée, elle était en quantité. En 1943, la ration standard de la l'Aviation royale canadienne était de 3900 calories par jour, et, grâce aux efforts des nutritionnistes, comprenait plus de fruits, de légumes et de lait qu'il n'y en avait eu auparavant.19  Mais encore, la même chose était souvent vraie pour ceux restés à la maison. Les statistiques montrent que la consommation par habitant de tous les nutriments avait augmenté pendant la guerre. En 1945, la consommation par habitant de produits laitiers, de fruits ou de viandes était jusqu'à 23% supérieurs aux niveaux de 1939, et la consommation d’œuf et de volaille l'était de 12%. Bien que le rationnement est en général demandé au Canadien moyen de manger moins de beurre, de sucre et thé, la promesse des deux livres de viandes par semaine et par personne qui était celle du rationnement -combinée à l'accès à la de la viande non rationnée dans les restaurants par exemple - assurait un niveau de consommation plus important que celui que de nombreux Canadiens avaient connus pendant la Grande Dépression. En fait, la consommation de nourriture par habitant baissât significativement après 1945 et ce ne fut qu'à la fin des années 50 qu'elle retrouvât ces niveaux de guerre.20 Il n'est donc peut-être pas surprenant que de nombreux Canadiens aient regardé leur expérience alimentaire sur le front intérieur de la Seconde guerre mondiale avec nostalgie et tendresse. Bien que la plupart des Canadiens aient mis de côté leurs recettes de « gâteaux de guerre » après les hostilités, le rationnement et la mobilisation en temps de guerre leur avaient procuré quelque chose s'approchant d'une véritable expérience alimentaire nationale, qui pour beaucoup sera l'un des souvenirs les plus positifs d'une période caractérisé par des sacrifices beaucoup plus profond dans la vie de leur famille, de leurs amis et de leurs voisins.

Ian Mosby, Université de Guelph

  • 1. Anne Fromer, “Is Food the Answer to Increased Production?,” Saturday Night (12 décembre 1942), 42-3.
  • 2. G.E. Britnell, et V.C. Fowke, Canadian Agriculture in War and Peace, 1935-1950 (Stanford: Stanford University Press, 1962), 210; Library and Archives Canada (LAC), Department of Agriculture, RG 17, vol. 3426, dossier 1500-80, Proportion of Canadian Food In The British Diet; LAC, RG17, vol. 3426, dossier 1500-79, History of the War Effort Of The Federal Department of Agriculture.
  • 3. Catherine Caldwell Bayley, “It’s Patriotic and Pleasant to Eat Canadian Lobster,” Canadian Home Journal 37/3 (juillet 1940), 28-29 et Canadian Home Journal 36/8 (décembre 1939), 1.
  • 4. LAC, RG64-A-4, Series 1240, Vol. 1448, Dossier A10-29-12, Consumer Questionnaire Analysis: Report No. 3 – Research Division, WPTB – 8 février 1946.
  • 5. Cariboo Observer, 12 juin 1943, 3.
  • 6. LAC, Department of National War Services, RG 44, Vol 10, History of the Voluntary and Auxiliary Services Division, Appendice 6: Reports of Citizens’ Committee and Co-ordinating Councils.
  • 7. WPTB and Agricultural Supplies Board, Home Vegetable Gardening and Home Canning of Vegetables in Wartime (Ottawa: King’s Printer, 1942). Voir aussi, LAC, RG17, vol. 3706, dossier 249, Memorandum for the Special Committee on Community Gardens and Home Canning, 1 février 1943.
  • 8. LAC, Department of Agriculture, RG17, vol. 3698, dossier W-5-4-29, Communiqué de presse: Wartime Garden Survey, 28 avril 1944.
  • 9. L.B. Pett, “Nutrition as a National Problem,” Canadian Welfare, 18/1 (avril 1942), 21-29.
  • 10. Hiram McCann, “Canada’s Faulty Diet is Adolf Hitler’s Ally,” Saturday Night, (14 juin 1941), 8.
  • 11. LAC, RG 36-31, vol. 27, WIB Information Brief n. 57, The Home Front: Verdict on Wartime Controls, 16 avril 1945.
  • 12. LAC, RG64, vol. 23, dossier 256, WPTB Information Branch, Report No. 3A, Resume of Canadian Opinion on Rationing, 1 octobre 1945.
  • 13. CBC Digital Archives, “Food Facts and Fashions,” programme radio, diffusé le12 juin 1942, http://archives.cbc.ca/war_conflict/second_world_war/clips/5094/ mis à jour le 29 septembre 2003.
  • 14. “They’re Talking About …,” Chatelaine 17/3 (mars 1944); Priscilla Galloway, sous la direction de, Too Young to Fight: Memories from our Youth During World War II (Toronto: Stoddart, 1999), 20; Mary Peate, Girl in a Sloppy Joe Sweater: Life on the Canadian Home Front during World War II (Toronto: Optimum Publishing, 1988), 97-98; Food in Canada 2/9 (septembre 1942).
  • 15. Ann Adam, “Today’s Food,” Globe and Mail, 2 janvier1943; Globe and Mail, 12 mai 1943, 8; et Vancouver Sun, 23 février 1943, 6.
  • 16. “This Week’s Best War-Time Recipes,” Windsor Daily Star, 14 mars 1942, 9. Pour la crème de Mme Coleman voir, Edith Adams Wartime 9th Annual Cook Book (Vancouver: Vancouver Sun, 1943).
  • 17. Cette estimation est basée sur une analyse de Elizaberth Driver dans son excellent et exhaustif ouvrage, Culinary Landmarks: A Bibliography of Canadian Cookbooks, 1825-1949 (Toronto: University of Toronto Press, 2008).
  • 18. Good Cheer Club, Cook To Win (Calgary: Wesley United Church, 1943).
  • 19. “Responsibilities of Dieticians in the RCAF,” Canadian Hotel and Restaurant 21/7 (juillet 1943), 14.
  • 20. LAC, Department of Agriculture, RG17, vol. 3434, dossier 1724, Anna M. Speers, A Report on Nutrition and the Production and Distribution of Food (Ottawa: mai 1945); Wartime Information Board, Canadian Food and Agriculture in the War (Ottawa:, 25 mai 1944); Nutrition Division, Canadian Food and Nutrition Statistics, 1935 à 1956 (Ottawa: National Health and Welfare, 1959), 26-29; Britnell et Fowke, Canadian Agriculture, 150-151.
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